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Fibrillation Auriculaire : Recommandations (2026) Compendium / 13.3 Cardioversion pharmacologique (orale) de la fibrillation atriale – « Pill in the Pocket »

Cardioversion pharmacologique (orale) de la fibrillation atriale – « Pill in the Pocket »


La stratégie « Pill in the Pocket » correspond à l’interruption aiguë d’un épisode de fibrillation atriale (FA) paroxystique au domicile.

  • Le patient porte sur lui une « pilule dans la poche » et la prend lors de la survenue d’un épisode symptomatique de FA.
  • Les symptômes sont tolérés et une consultation médicale n’est pas nécessaire.
Schéma de la cardioversion pharmacologique de la fibrillation auriculaire par antiarythmiques oraux, soulignant la nécessité d’exclure un thrombus de l’oreillette gauche avant le rétablissement du rythme sinusal.

Dans la stratégie « Pill in the Pocket », des antiarythmiques de classe IC (propafénone, flécaïnide) sont administrés,

  • pour une surveillance de sécurité,
  • la première dose d’un antiarythmique de classe IC doit toujours être administrée lors d’une hospitalisation ; les effets indésirables les plus graves comprennent :
    • Arythmie ventriculaire
    • Bloc AV (degré I, II, III)
    • Flutter atrial conduit en 1:1
    • Hypotension (systolique <90 mmHg)
    • Bradycardie (<50/min)

La stratégie « Pill in the Pocket » est destinée aux patients ne présentant pas d’épisodes fréquents de FA paroxystique et

  • qui ne sont pas d’accord pour une thérapeutique pharmacologique chronique ou ne la tolèrent pas,
  • et qui refusent également l’ablation de la FA.

Indications (« Pill in the Pocket ») :

  • FA paroxystique avec des épisodes survenant environ une fois tous les 2–6 mois.
  • Impossibilité d’utiliser un traitement chronique (en raison d’effets indésirables ou du refus du patient)
    • Refus d’ablation de la FA.

Le patient reçoit une anticoagulation chronique selon le score CHA2DS2-VA.

Schéma de l’effet des antiarythmiques de classe IC (flécaïnide, propafénone) illustrant le risque de transformation de la fibrillation auriculaire en flutter auriculaire non bloqué avec conduction 1:1 en l’absence de blocage du nœud AV.

Antiarythmiques de classe IC et flutter atrial conduit en 1:1

  • Les antiarythmiques de classe IC (flécaïnide, propafénone) ralentissent la conduction dans le myocarde atrial.
  • En FA, l’activité chaotique peut ralentir et s’organiser en un circuit de réentrée régulier.
  • Il en résulte un flutter atrial (souvent avec une fréquence atriale plus basse d’environ 200/min).
    • Le nœud AV peut conduire ce flutter « plus lent » avec une conduction 1:1.
    • Il en résulte un flutter atrial conduit en 1:1 avec une fréquence ventriculaire d’environ 200/min.
  • Pour prévenir un flutter atrial conduit en 1:1, les antiarythmiques de classe IC sont administrés avec des médicaments ralentissant la conduction nodale AV :
    • Bêta-bloquants
    • Vérapamil
    • Diltiazem
  • Le risque de flutter atrial conduit en 1:1 avec les antiarythmiques de classe IC est :
    • 2–6 % – en l’absence de traitement ralentisseur nodal AV associé.
Prévention d’un flutter atrial conduit en 1:1 avant l’administration orale d’une classe IC (propafénone, flécaïnide)
Médicament Voie Dose Délai avant l’administration de la classe IC
Métoprolol orale 25 mg 30 min avant l’administration de la classe IC
Vérapamil orale 80 mg 30 min avant l’administration de la classe IC
Diltiazem orale 60 mg 30 min avant l’administration de la classe IC
Schéma de la combinaison d’antiarythmiques de classe IC avec des médicaments bloquant le nœud auriculoventriculaire illustrant la conversion de la fibrillation auriculaire en flutter auriculaire avec conduction contrôlée 3:1.

Stratégie thérapeutique « Pill in the Pocket » :

  • Si le patient présente un épisode de FA et que celui-ci ne se termine pas dans les 10 minutes, pour prévenir un flutter atrial conduit en 1:1,
  • le patient prend (par voie orale) un médicament ralentisseur nodal AV :
    • Diltiazem 60 mg
    • Vérapamil 80 mg
    • Métoprolol tartrate 25 mg
  • Après 30 minutes, le patient prend (par voie orale) une dose unique d’un antiarythmique de classe IC pour la cardioversion de FA :
    • Flécaïnide (peut également être utilisée pendant la grossesse)
      • 300 mg (>70 kg)
      • 200 mg (<70 kg)
    • Propafénone
      • 600 mg (>70 kg)
      • 450 mg (<70 kg)
« Pill in the Pocket » – antiarythmiques de classe IC
Médicament Voie Poids du patient Dose
Flécaïnide
(peut être administrée pendant la grossesse)
orale > 70 kg 300 mg
Flécaïnide
(peut être administrée pendant la grossesse)
orale < 70 kg 200 mg
Propafénone orale > 70 kg 600 mg
Propafénone orale < 70 kg 450 mg

Le patient ne peut prendre la dose unique ci-dessus d’un antiarythmique de classe IC qu’une seule fois sur 24 heures.

  • Si l’épisode de FA persiste, la dose de classe IC ne doit pas être répétée.

Si la cardioversion ne survient pas dans les 6 heures suivant la prise de l’antiarythmique de classe IC, le patient doit consulter.

Antiarythmiques de classe IC (oraux) – délai de conversion et taux de succès
Médicament antiarythmique Classe Délai de conversion Taux de succès Patient type
Flécaïnide (orale) IC 3–8 h 50–85 % Patient sans cardiopathie structurelle.
Propafénone (orale) IC 3–8 h 45–78 % Patient sans cardiopathie structurelle.

Cardioversion pharmacologique (orale) de la fibrillation atriale Classe
La stratégie « Pill in the Pocket » (utilisation de propafénone ou de flécaïnide au domicile) peut être envisagée chez les patients présentant une fibrillation atriale paroxystique oligosymptomatique avec des épisodes survenant environ une fois tous les 2–6 mois. IIa
Dans la stratégie « Pill in the Pocket » (propafénone ou flécaïnide), un traitement ralentisseur nodal AV associé (bêta-bloquant, vérapamil, diltiazem) doit être utilisé afin de prévenir un flutter atrial conduit en 1:1. IIa

Ces recommandations sont non officielles et ne représentent pas des recommandations formelles émises par une société professionnelle de cardiologie. Elles sont destinées uniquement à des fins éducatives et informatives.

Peter Blahut, MD

Peter Blahut, MD (Twitter(X), LinkedIn, PubMed)